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"Un comité de sélection des projets franco-sénégalais sera instauré" (Eric Besson, ministre de l'Immigration)

 

"Pour les trois dernières années, la France a porté au titre d’aide au développement du Sénégal un total de 4,5 millions d’euros. Au cycle de 2009-2011, ce chiffre sera doublé puisque nous apporterons 9 millions d’euros à ce même titre dès avril 2009. Un comité de sélection des projets franco-sénégalais sera instauré." C'est ce qu'annonce Eric Besson, ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, lors d'une visite officielle au Sénégal. En place à ce poste ministériel depuis le 15 janvier 2009, succédant ainsi à Brice Hortefeux, il expose les grands principes de sa politique et détaille son approche des liens entre migration et développement:
           
 
Quelles sont les idées directrices de votre politique d’immigration ?
 
Les idées de la politique d’immigration de la France sont également celles de l’Union européenne, et ces idées se subdivisent en trois piliers : d’abord l’immigration légale qui met fin, ou si vous voulez qui tord le cou, aux mythes et aux chimères de l’immigration zéro. Il est faux de dire que l’Europe est fermée, que l’Europe n’accueille pas. La France, à elle seule, a accueilli en trois ans 60 000 personnes en situation régulière. Ensuite, il y a la lutte contre l’immigration irrégulière que compte renforcer l’Union européenne dans les semaines à venir, pour lutter contre les filières d’immigration clandestine et ce qu’on appelle la traite humaine et l’esclavage. Il y a aujourd’hui le mariage entre les filières d’immigration et celles du trafic de drogue et du proxénétisme, donnant naissance à un vrai cocktail explosif. Le dernier pilier est le pacte qui lie tous les pays européens, c'est-à-dire le co-développement ou le développement solidaire, autrement dit l’aide à la création d’activités et d’emplois dans les pays d’émigration
 
Qu’en est est-il de l’immigration choisie ?
 
Contrairement à ce que je lis un peu partout, ce n’est pas une expression spécifique à la France. Pour exprimer la même chose, les Italiens disent par exemple « immigration ciblée » et les Espagnols « immigration sélectionnée », ce qui veut dire que chaque pays essaie de dire qu'il adapte sa capacité d’accueil à sa capacité d’intégration par le logement, par l’emploi et par la langue. Au Sénégal, cette capacité ne s’applique pas à la langue car ici l’usage du français est souvent extrêmement développé et souvent de très grande qualité. Seuls les quatre points représentent le socle sur lequel nous prétendons réussir l’intégration en France que nous n’avons pu réussir durant les vingt ou trente dernières années.
 
Menez-vous des actions pour appuyer les initiatives des immigrés dans leurs pays d’origine ?
 
Il existe une aide financière et un accompagnement. Par exemple, l’Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations (Anaem) aide les personnes au retour. Il s'agit du "mariage d'un accompagnement personnalisé et d’une somme d’argent". Nous gérons également plusieurs dossiers qui relèvent du développement solidaire, autrement dit de la coopération et de l’aide financière de la France. Pour les trois dernières années, la France a porté au titre d’aide au développement du Sénégal un total de 4,5 millions d’euros. Au cycle de 2009-2011, ce chiffre sera doublé puisque nous apporterons 9 millions d’euros dès le mois prochain, c'est-à-dire en avril 2009. Un comité de sélection des projets franco-sénégalais sera instauré.
 
Avec la crise économique qui entraine un taux de chômage élevé en France, doit-on s’attendre à ce que la France réduise le nombre de visas à délivrer en Afrique ?
 
Evidemment, la volonté de la France s’est d’aller davantage vers une immigration de travail, mais la crise n’arrange rien. Nous traversons des turbulences dont on espère sortir le plutôt possible. Pour l’instant, nous n’avons pas tiré de conclusions. En revanche, j’ai demandé aux préfets de chaque département en France de commencer à réviser la liste des métiers en tension, c'est-à-dire d’essayer de se poser la question de savoir ce que la crise change ou ne change pas dans son département. Est-ce qu’elle pénètre d’autres tensions ? Est-ce que d’autres diminuent ? C'est à partir de ces éléments que nous saurons à quel point nous pouvons répondre à la demande des visas.
 
Propos recueillis par Dissirama Kaliwa

 

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