La France signe un accord avec l'Union économique et monétaire ouest-africaine pour mobiliser les diasporas
La France vient de signer un protocole d'accord avec l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en vue de promouvoir l'action des migrants présents en France en direction du développement de leur pays d'origine. Il s'agit en particulier de renforcer les liens entre la diaspora et les Etats membres de l'UEMOA, soit le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. L'accord a été conclu à l'occasion du déplacement du ministre français Brice Hortefeux en Afrique de l'Ouest, où il a également signé un accord de gestion des flux migratoires avec le Burkina Faso. De son côté, le Mali a par contre refusé un tel accord.Le protocole d'accord signé avec l'UEMOA pour une durée de trois ans vise à mettre en place des programmes d'échanges et de solidarité destinés à accentuer les efforts des migrants en faveur du développement. Les partenaires prévoient d'ores et déjà d'organiser un forum annuel sur le thème des rapports entre migration et développement, en alternance en France et à Ouagadougou (Burkina Faso), où se trouve le siège de l'UEMOA. De plus, un comité d'évaluation des actions menées sera institué, qui se réunira deux fois par an pour faire le point et réfléchir aux améliorations possibles des programmes conjoints.
Le Burkina accepte, le Mali refuse
Les migrants originaires des pays membres de l'UEMOA et vivant en France représentent par leurs seuls envois d'argent vers leur famille entre 10 et 15% du PIB de ces pays, soit environ 8,5 milliards d'euros alors que la contribution de la France au développement des Etats de l'Union est évaluée à 9 milliards d'euros, souligne l'agence de presse Xinhua. Selon l'Agence France Presse, "l'UEOMA pourrait également signer des accords de financement avec des partenaires multilatéraux, comme l'Union européenne, pour bénéficier de subventions, dans le cadre de ces projets de sa diaspora en France".
L'accord de gestion concertée des flux migratoires signé avec le Burkina Faso fait suite à ceux déjà conclus avec le Bénin, le Cap-Vert, le Gabon, la République démocratique du Congo, l'Ile Maurice, la Tunisie et le Sénégal. D'autres accords sont en négociation avec le Cameroun, Haïti, l'Egypte et le Mali, ce dernier ayant finalement refusé de signer la semaine dernière. Le texte signé ce week-end à Ouagadougou notamment un engagement de la France à financer des projets de développement au Burkina pour un budget de 6,24 millions d'euros.
L'accord prévoit une aide au retour pour les Burkinabè vivant en France qui veulent rentrer au pays avec un projet de développement, la délivrance de 500 visas "compétence" autorisant des candidats à l'immigration à venir travailler en France et à bénéficier du regroupement familial, ainsi que de cartes pour des étudiants burkinabè ayant conventionné avec un établissement d'enseignement supérieur français et qui souhaitent poursuivre une expérience professionnelle en France pendant un an. L'accord concerne une liste de 64 métiers. Par ailleurs, souligne le quotidien LeFaso, "il y a à peu près 4 000 français vivant au Burkina, autant donc que les 4 000 Burkinabè qui vivent en France".
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