La conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement s’achève sur un programme de coopération triennal
Le “renforcement des synergies entre migration et développement” fait partie des grands axes du Programme de coopération triennal pour 2009-2011 adopté à l’issue de la deuxième conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement, qui s’est déroulée à Paris le 25 novembre 2008. Ce programme “constituera la base des actions multilatérales et bilatérales des pays et institution parties au processus euro-africain”. En plus de la question du co-développement, il comprend un volet consacré à “l’organisation de la migration légale” et un sur “la lutte contre la migration irrégulière”. Les ministres réunis ont décidé, dans leur déclaration finale, de “privilégier le renforcement des politiques d’emploi et de gestion des migrations”. Le texte souligne l’importance d’une “implication plus forte des diasporas dans le développement économique et social de leurs pays d’origine, la facilitation des transferts de fonds et la pratique de la migration circulaire”.Les partenaires européens se sont entendus pour encourager “la mise en place d’un cadre national pour la gestion des migrations afin d’en optimiser les bénéfices pour le développement”. Il souhaitent notamment apporter un soutien aux structures de recherche travaillant sur le lien entre migrations et développement, et faciliter leur mise en réseau. Au niveau des pays d’origine, la déclaration commune parle d’ “identifier des gisements potentiels d’emploi productif, ainsi que les secteurs en fortes pertes d’emploi, en vue de la mise en œuvre de programmes euro-africains de dynamisation ou de protection de l’emploi, y compris dans le secteur informel”.
Garantir la protection sociale des migrants
La déclaration des ministres insiste sur la nécessité de renforcer “les capacités des institutions publiques chargées de la formation professionnelle, en faisant de la certification des compétences professionnelles un élément important des dispositifs de formation”. Il s’agit aussi de soutenir “les efforts de mise en place d’alternatives à la ‘fuite des cerveaux’ par des incitations économiques et l’adoption de codes de conduite éthiques et responsables”. Plus précisément, le texte invite les pays à “mettre en œuvre la stratégie d’action de l’Union européenne concernant la pénurie de ressources humaines dans le secteur de la santé dans les pays en développement”.
Le “renforcement des synergies entre migration et développement” passe également par une amélioration de la protection sociale des migrants, notamment via “la signature d’accords bilatéraux et régionaux de sécurité sociale inspirés des conventions internationales en vigueur, qui permettent d’assurer l’égalité de traitement en termes d’accès et de couverture sociale entre les migrants et les ressortissants du pays de destination”. Il faut de plus améliorer “la coopération entre les institutions de sécurité sociale des pays de destination et des pays d’origine”, ou encore “assurer la promotion du travail décent”.
Valoriser les actions des diasporas
Au niveau des transferts de fonds, les ministres souhaitent parvenir à une baisse des coûts et une sécurisation en “étudiant les opportunités offertes par les nouvelles technologies (cartes de crédits rechargeables, téléphonie mobile…)”, “favorisant la collaboration entre banques européennes et africaines et le recours en Afrique à la collaboration bancaire inter-régionale”, “facilitant la création en Europe de représentations d’établissements financiers des pays d’origine”. Il s’agit aussi de considérer les “possibilités de créer des liens entre les transferts de fonds des migrants d’une part et les institutions micro-financières ou les compagnies d’assurances d’autre part”, de favoriser “le développement par les établissements financiers de produits adaptés aux réalités migratoires (crédits bonifiés, plans d’épargne-investissement, contrats d’assurances spécifiques…)”.
Pour valoriser le rôle des diasporas “en tant qu’acteurs du développement”, les ministres se sont accordés sur l’idée d’une “mise en place dans les pays de destination d’Europe et d’Afrique, de structures socio-culturelles pour migrants”. Ils souhaitent aussi faciliter “une mise en réseau ou en groupement des associations de migrants, afin de faire émerger des interlocuteurs représentatifs pour les autorités des pays de destination et d’origine”. La déclaration évoque le principe de renforcer les réseaux consulaires dans les pays de destination, “pour une meilleure relation des communautés de migrants avec leurs pays d’origine”. De tels intentions doivent permettre d’impliquer davantage les associations de migrants dans les programmes de transferts de compétence professionnelle “entre pays de destination et d’origine et dans les projets de coopération décentralisée”.
La migration circulaire des migrants légaux doit être facilitée pour ceux qui veulent “retourner temporairement dans leur pays d’origine afin de contribuer à son développement socio-économique, ceci sans préjudice de leur droit de résidence dans le pays de destination”. Autre idée avancée dans la déclaration finale: mettre en place des “banques de projets” en direction des migrants pour renforcer “leur participation à la définition et à la mise en œuvre de projets de développement dans les pays d’origine”.
Source: Présidence française de l’Union européenne, www.ue2008.fr
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