L'Organisation internationale pour les migrations dresse le "profil" du Ghana
Le Ghana doit "créer et maintenir des liens" avec sa diaspora, forte de 1,5 à 3 millions de personnes, afin de "tirer parti de leur potentiel et des bénéfices du transfert des compétences, des opportunités d'investissement et des transferts d'argent". C'est ce qu'indique l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le profil pays qu'elle vient de publier sur le Ghana, le dernier d'une série de 10 concernant l'Afrique de l'Ouest. Dans ce pays, il apparaît que sur les quelque 1,1 million de personnes qui ont quitté le territoire entre 2000 et 2007, "seulement 153 000 ne sont pas revenu ni temporairement, ni définitivement". De plus, le Ghana accueille aussi quantité de migrants venus de reste de l'Afrique de l'Ouest, notamment en raison de sa stabilité politique.Les émigrants ghanéens sont 71% à rester dans la sous-région Afrique de l'Ouest. Ils sont présents dans 33 pays et, pour ceux qui partent en occident, ils vont prioritairement aux Etats-Unis (7,3% des migrants) et en Grande-Bretagne (5,9%). L'étude de l'OIM montre que la tension sur la marché du travail au Ghana accentue le phénomène migratoire: de plus en plus de jeunes cherchent un emploi alors que la progression annuelle des recrutements est estimée à 2,9% sur les 15 prochaines années.
Problème de "fuite des cerveaux"
Selon l'OIM, le manque d'opportunités d'emploi pour les jeunes combiné au fait que le Nigeria n'attire plus autant qu'avant les Ghanéens conduit à une augmentation des flux migratoires en dehors du continent africain. L'immigration concerne notamment des profils qualifiés, ce qui entraine "des implications inquiétantes pour certains secteurs clé", souligne le rapport.
Les migrations de personnes qualifiées se sont accélérées depuis 1990 et le Ghana affiche le plus fort taux de la sous-région avec 46%, ce qui pose des problèmes notamment pour l'éducation et la santé. Il apparaît ainsi que plus de 56% des médecins et 24% des infirmières formés au Ghana travaillent désormais à l'étranger. De même, plus de 60% des postes des établissements d'enseignement technique ("polytechnics") et 40% des postes dans les universités publiques sont à pourvoir. Le gouvernement produit un effort sur les salaires du secteur de la santé, "mais le différentiel avec les pays développés est trop important", note le rapport.
Reste que la migration comprend également des retombées positives pour les pays de départ: la banque nationale du Ghana estime que les envois d'argent des migrants sont passés de 476 millions de dollars en 1999 à 1,9 milliard en 2008. Même si la crise économique actuelle engendre une baisse de 7,3% pour le premier trimestre 2009 par rapport à l'année précédente.
Source: OIM, www.iom.int
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