
"Accentuer les efforts pour encourager la diaspora africaine à participer aux initiatives destinées à répondre aux défis scientifiques sur le continent et impliquer les scientifiques africains dans des projets commun", est une des demandes adressées par le
réseau des académies scientifiques africaines Nasac, dans une déclaration envoyée au "G8+5" qui se réunira en Italie en juillet 2009. Le G8+5 se compose des chefs d'États ou de gouvernement des pays membres du G8 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni et Etats-Unis), ainsi que de ceux de cinq pays émergents (Brésil, Chine, Inde, Mexique et Afrique du Sud). La déclaration du Nasac entend les alerter sur la gravité du phénomène de "fuite des cerveaux", qui porte un préjudice important au développement des pays d'Afrique. Ainsi, "les universités d'Afrique ont été vidées de leurs étudiants par les pays développés" et un tiers des scientifiques africains ont migré, alors que leurs compétences se révèlent cruciales pour l'avenir du continent.
"Des dizaines de milliers de scientifiques africains vivent et travaillent dans les pays développés. La plupart de reviendront jamais", souligne le Nasac. Pour pallier ce manque, le réseau propose d'intensifier les politiques destinées à "tirer avantage du savoir et de l'expertise des migrants", notamment en encourageant les séjours courts en Afrique et le développement de projets de coopération internationale scientifique. La déclaration met également en avant l'idée de constituer une base de données des Africains hautement qualifiés susceptibles de se porter volontaires pour des actions de collaboration avec les scientifiques restés en Afrique.
Les besoins en compétences de ce type sont importants pour le continent, rappelle le Nasac: à peine 1,4% des publications scientifiques internationales proviennent de chercheurs qui travaillent en Afrique, selon le Science citation index, et les estimations font état d'un manque de 1 million de chercheurs pour répondre aux besoins cruciaux actuels. Les propositions émises en direction du "G8+5" font état d'un financement pour la reconstruction des universités africaines, le G8 ayant promis en 2005 de lever près de 10 milliards de dollars pour cela et pour la construction de centres de recherche.