Togo: "la diaspora peut jouer un rôle très important pour la relance de l'investissement" (Gilbert Houngbo, Premier ministre)

 

Le Togo réfléchit actuellement aux moyens de mieux impliquer la diaspora dans le développement économique et social du pays, indique à Co-Developpement.org le Premier ministre togolais Gilbert Houngbo. Rencontré à l'occasion d'une "journée économique du Togo" organisée le 11 mars 2009 par la Chambre de commerce et d'industrie du Togo (CCIT) en partenariat avec la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) et la Maison de l'Afrique, il expose les grandes lignes de sa politique conduite en direction des Togolais de l'étranger. Auparavant secrétaire général adjoint des Nations unies et directeur du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) pour l’Afrique, Gilbert Houngbo a succédé à Komlan Mally en septembre 2008.
 
 
Quelles garanties offrez-vous à ceux qui souhaitent investir au Togo ?
 
"Il nous faut leur garantir une stabilité sociale et politique", souligne Gilbert Houngbo. D'un point de vue purement économique il existe un programme fiscal proposé autour de la zone franche (www.zonefranchetogo.tg). "Nous encourageons énormément la diaspora togolaise à revenir investir au Togo, elle peut jouer un rôle très important pour la relance de l'investissement".

 

 
Existe-t-il des mesures incitatives spécifiques pour la diaspora ?
 
"Dans l'immédiat je suis un peu réticent, car pourquoi accorder ces mesures incitatives aux Togolais de l'étranger et pas à ceux qui vivent au pays ?" Reste qu'il "faut que la question de la diaspora soit bien traitée et sur ce point nous avons des efforts à fournir". Les actions menées sont "un peu faibles, moins visibles que pour le Sénégal par exemple, le Mali ou l'Éthiopie". Gilbert Houngbo signale que vient d'être créé un département au sein du ministère des Affaires étrangères dédié à ces questions. "Il faut également être ingénieux pour mieux organiser la diaspora entre les différents pays, et pas seulement en France".

 

 
L'État réfléchit-il à des dispositifs d'orientation des transferts de fonds vers des investissements productifs ?
 
"J'ai réuni un petit groupe d'économistes pour réfléchir sur cette question, mais il faut d'abord organiser la diaspora et nous allons terminer la restructuration de notre système financier d'ici la fin de l'année". Cependant, "il faut envisager un scénario pour que certaines de nos banques puissent avoir des guichets en Europe ou aux États-Unis et permettre à la diaspora d'avoir des comptes locaux".

 

 
Comment mobiliser les compétences des Togolais de l'étranger ?
 
"Notre pays a un énorme déficit pour répondre à la question du renforcement des capacités" pour le développement du pays. Mais "attirer la diaspora est un casse-tête, car l'État n'a pas les moyens financiers pour attirer les compétences de l'étranger. N'attendons-pas que la situation soit totalement rose pour faire le premier pas." Gilbert Houngbo parle de dresser "un inventaire des compétences disponible sous forme de base de données". La "deuxième étape" serait "d'aller voir avec certains partenaires comment mettre en place un programme de retour pour la diaspora, que ce soit du retour volontaire ou un programme Tokten".

 

 
Pour les élections présidentielles au Togo prévues l'année prochaine, comment encourager la diaspora à s'impliquer dans le processus électoral ?
 
"Il faut que ce soit l'affaire de nous tous, à l'intérieur comme à l'extérieur. Les élections c'est un processus démocratique, la participation de la diaspora c'est d'abord de nous aider au travers de la formation civique et les opinions. Je rêve aussi du jour où la diaspora puisse voter depuis son lieu d'habitation."