Réintégration des migrants de retour: les propositions du projet européen Mirem

 

Les troisièmes rencontres du projet Mirem (Migration de retour au Maghreb) viennent de s'achever, en novembre, sur une série de propositions pour faciliter la "réintégration des migrants de retour dans leur pays d'origine" dans une perspective de développement. Les participants ont souligné l'importance d'assurer dans la durée une production d'informations sur le sujet, de "promouvoir un dialogue constructif", de mieux prendre en compte la formation professionnelle et le "droit à la réinsertion" pour les candidats au retour. Voici les principales propositions émises lors des deux journées à Florence, et dont le détail est consultable sur le site web dédié du projet:
 
"La durée et le type de l'expérience migratoire, le contexte dans les pays d'immigration et d'origine, ainsi que les facteurs motivant le retour et le choix du migrant de revenir au pays constituent autant de variables explicatives des degrés de réintégration des migrants", montre une enquête du projet Mirem. Il convient donc de bénéficier d'une information pérenne afin de mieux mesurer "l'impact des politiques dites de retour sur les perspectives de réintégration des migrants dans leur pays d'origine". En effet, celle-ci "demeure encore peu étudiée, en raison du manque d’informations directes en la matière".
 
Améliorer les concertations internationales
 
"Dans la mesure où l'expérience migratoire vécue à l'étranger a une incidence sur les modes et les opportunités de réintégration des migrants, il est nécessaire d'inscrire le retour dans un cadre de concertations bilatérales et multilatérales", considèrent les partenaires du projet. Selon eux, "le niveau de concertation entre pays d'origine et de destination demeure trop faible en matière de politiques de retour". Ils plaident pour "inscrire le retour dans une perspective de développement mutuel où le retour ne constitue qu'une étape dans l'itinéraire du migrant et non la fin du cycle migratoire", mais aussi pour "distinguer clairement le retour de la réadmission ou de l'expulsion car les besoins et les implications diffèrent substantiellement".
 
Au final, l'approche de co-développement suppose "d'impliquer les représentants des pays du Maghreb, au même titre que les représentants des pays de destination, dans le cadre de consultations ou groupes de réflexion ad hoc mobilisant, entre autres, les représentants de la société civile (ONG, associations de défense des droits des migrants), les syndicats et les organisations patronales". Cette approche peut se concrétiser par "des programmes pilotes de mise en valeur du capital financier et humain des migrants souhaitant rentrer au pays", qui concerneraient d'une manière large "ceux dont les compétences et la formation peuvent être investies dans des programmes à forte valeur ajoutée pour le pays d'origine".
 
Garantir les droits des migrants de retour
 
Les participants à la rencontre ont mis en avant l'intérêt de bénéficier d'un "accès facilité aux financements et à des régimes fiscaux préférentiels" grâce à des "mécanismes mixtes de financement entre les banques des pays de destination et d'origine". Il faudrait proposer aux porteurs de projets un accompagnement par "parrainage", qui engagerait la participation des organisations patronales et des pouvoirs publics. Le projet Mirem se prononce également en faveur de "la création d’une banque de ressources humaines, gérées par les institutions publiques spécialisées, permettant aux entreprises locales d'identifier les compétences des migrants à l'étranger dont elles auraient besoin".
 
Également pour faciliter l'investissement des migrants, est envisagée la création de "portails d'information en réseau avec les chambres de commerce à l'étranger, les représentations diplomatiques, les organisations patronales, les associations de migrants, et les pouvoirs publics". Ces mêmes structures ont un rôle à jouer dans la formation professionnelle, nécessaire à une bonne réintégration sociale et professionnelle des migrants. Enfin, la réinsertion professionnelle suppose dans les pays d'origine "des initiatives et réformes à même de garantir les droits des migrants" et en particulier la conservation de ceux acquis à l'étranger "en matière de sécurité sociale, de retraite et de chômage, même après le retour au pays".
 
MIREM est un projet européen lancé en 2005, hébergé au Robert Schuman centre for advanced studies. Il comprend comme institutions partenaires situées au Maghreb l'Association marocaine d'études et de recherches sur les migrations (AMERM), le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), l'Institut national de statistique et d'économie appliquée (INSEA), l'Office des Tunisiens à l'étranger (OTE).
 
Source: Projet Mirem, www.mirem.eu
 
 
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