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Institut Panos

Plus de 24 000 migrants créateurs d'entreprises en France, avec de nombreux projets vers le Sud

Plus de 24 000 migrants en France, non ressortissants de l'Union européenne, ont créé des entreprises en 2008, et parmi eux un "nombre important de porteurs de projets" ont développé une activité économique en lien avec leurs pays d'origine. C'est ce qu'indique une étude de l'Agence pour la création d'entreprises (APCE), du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, et de l'Agence pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE), qui sera présentée lors d'un colloque organisé le 7 décembre 2009 à Paris (Voir l'agenda de Co-Developpement.org). Le document analyse le profil des créateurs d'activités, leurs motivations, les obstacles auxquels ils se trouvent confrontés. Il apparaît que "73% des créateurs étrangers hors Union européenne créent sans prêt bancaire", notamment en raison d'une "certaine frilosité de la part des banques".
 
Le profil des entrepreneurs migrante, issus de la diversité ou des quartiers "ne diffère pas de celui des autres créateurs", souligne l'étude: "un entourage souvent entrepreneurial et peu de recours à la formation professionnelle pour préparer leur projet". Mais dans leur cas, "la création d’activité constitue très souvent une réponse aux difficultés d'accès ou de retour à l'emploi qu'ils rencontrent". Autre différence, "ils font encore moins appel que les autres porteurs de projet aux réseaux spécialisés" dans l'accompagnement des initiatives entrepreneuriales. Le soutien est trouvé prioritairement auprès de la famille.
 
Le parcours migratoire, un atout pour la création
 
Les créateurs d'entreprise étrangers sont à 80% des hommes, contre 70% pour les créateurs français, et un tiers déclarent n'avoir aucun diplôme, contre 11% pour les créateurs français. Un quart déclarent avoir suivi des études supérieures, contre 38% pour les créateurs français. Reste que, note l'étude, "les niveaux de diplôme peuvent être sous‐estimés en raison d'une méconnaissance du système de formation français". Les projets concernent "tous les secteurs d'activité", avec une pérennité moyenne à 3 ans.
 
Pour les personnes migrantes, la création d'entreprise s'inscrit dans la logique de leur parcours migratoire au cours duquel ils "ont déjà eu l'occasion de démontrer une aptitude entrepreneuriale: la capacité à prendre des risques". Les projets de ces entrepreneurs revêtent également une dimension particulière lorsqu'ils sont en lien avec le pays d'origine du migrant. Selon l'étude, face aux sollicitations de la famille restée au Sud, "ils préfèrent parfois créer une entreprise car cela présente l'intérêt de générer des revenus et des emplois localement". D'autres créent leur entreprise "après avoir identifié un marché et une opportunité d'affaire lors d'un voyage dans le pays d'origine", d'autres encore s'inscrivent dans une perspective de retour.
 
Dans tous les cas, "ces projets se heurtent souvent à des difficultés techniques et administratives" en particulier faute "d'appuis méthodologiques extérieurs". Le développement à distance d'activités permet mal d' "appréhender les réalités locales", une difficulté qui s'ajoute au fait qu'ils doivent faire face à un environnement institutionnel souvent complexe et peu propice à la création d’entreprise".
 
L'obstacle du financement, une réalité au Nord comme au Sud
 
Par ailleurs, l'accès aux financements pour démarrer l'activité représente un problème: "les banques africaines sont particulièrement frileuses en ce qui concerne l'octroi de prêt pour des créations et financent plus facilement des phases de développement". De même, "les organismes de financements africains sont de manière générale très exigeants au niveau des garanties, pratiquent des taux élevés, imposent des règles administratives strictes et ont tendance à se méfier des porteurs de projets qui ne sont pas à proximité pour recouvrir les créances".
 
L'étude évoque cependant des perspectives plus favorables à ceux qui souhaitent investir dans leur pays d'origine: "le contexte évolue rapidement et des initiatives de partenariat entre certaines banques et des programmes d'appui aux porteurs de projets migrants émergent (notamment au Sénégal). Plusieurs pays mettent aussi actuellement en place des fonds d'appui aux initiatives (des jeunes, des femmes, des artisans, dans le secteur agricole…)". Le problème reste la mise à disposition de ces informations aux publics concernés, et le fait que ces fonds apparaissent "difficilement mobilisables" sans une structure d'appui des particuliers.

Source: "Personnes migrantes, issues de la diversité ou des quartiers: quel accompagnement à la création d’activité ?", http://media.apce.com/file/89/1/dossier%20de%20synthese%20apce_daic_acse_vf.28891.28891.pdf

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