Dakar, correspondance.

Des sénégalais établis en France et originaires de la région de Kédougou, située au Sud-Est du Sénégal, viennent de créer la société de transport "Niokolo Transports S.A" (
http://niokolo-transports.com), un projet né du programme franco-sénégalais "Initiatives de codéveloppement". Interrogé par Co-Developpement.org, Cheikhou Souaré, président du conseil d’administration de la société, fait valoir qu'avec la création de cette structure, des migrants contribuent à venir à bout des problèmes liés au transport et participent ainsi au développement de leur région. Environ 250 migrants Sénégalais installés en France ont participé à la constitution de cette société de transport, la première du genre dans la région de Kédougou.
Quand et comment a été lancée la société Nikolo transports ?
La société vient d’être lancée mais le projet a commencé il y a de cela trois ans. Nous avons réfléchit à une étude de marché, puis nous avons lancé une souscription à laquelle bon nombre de personnes originaire de la région de Kédougou ont adhéré. A partir de là, nous avons monté une société anonyme d’un capital de 170 000 000 f CFA. Nous avons ensuite demandé à Société générale de nous appuyer, et cette banque nous a prêté 196 000 000 f CFA ce qui nous a valu au total un financement de 366.000.000 f CFA pour acheter tout le matériel nécessaire.
Quel objectif poursuivez-vous ?
Nous avons initié ce projet pour abréger les souffrances de nos parents qui sont au Sénégal et plus précisément à Kédougou. C’est une première dans cette région car il n’y a jamais eu de société de transport. Kédougou est restée longtemps enclavée. Avec cette société, les kédouvins vont pouvoir sillonner dans toutes les localités environnantes et à travers tout le Sénégal. Désormais, toutes les difficultés de mobilité rencontrées dans le domaine du transport ont une raison d’être un lointain souvenir.
Combiens êtes-vous à avoir participé à la création de cette société ?
Cette société est montée à 90% par des sénégalais et 80% des personnes qui ont souscrit sont originaires de Kédougou. Au total nous sommes environ 250 actionnaires, dont 28 au niveau local c’est-à dire à Dakar, Tambacounda et à Kédougou, et 190 en France.
Avez-vous d’autres projets en cours ?
Oui, nous avons un autre projet en cours qui est la création d’un centre de formation au métier du transport à Kédougou et dont l’étude a été entièrement financée et ficelée par la cellule du projet Initiatives de codéveloppement, rattachée à la présidence. Ce nouveau projet avoisine le montant de 300 000 000 f CFA et les mois à venir nous allons démarrer les travaux du chantier avec un fonds de 168 000 000 f CFA.
La société Nikolo transports a-t-elle des partenaires ?
Evidemment ! Nous avons beaucoup de partenaires dont les sociétés Sera automobile et Matforce, ainsi que la cellule du projet Initiatives de codéveloppement. Il y a également des associations telles que l'Association des ressortissants sénégalais en France et quelques autres structures françaises.
Quel est le "parking" de la société ?
Nous disposons de quatre bus, dont deux de 65 places et deux autres de 30 places, ainsi que de deux camions aménageurs de 30 places chacun, d’une semi-remorque de 30 tonnes et d'un plateau, de quatre pick-up et d’un 4/4 wagon.
Les trajets couverts par Nikolo transports concernent les liaisons intra-régionales Kédougou-Salémata-Fongolimbi-Saraya, inter-régionales Dakar-Kaoloack-Tambacounda-Vélingara-Bakel-Kédougou et sous-régionales Kédougou-Kéniéba au Mali-Labé en Guinée.
Propos recueillis par Dissirama Kaliwa