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Institut Panos

La stratégie du nouveau Fond d'appui à l'investissement des Sénégalais de l'extérieur, par son administrateur Matar Dioum

Dakar, correspondance
 
Le Sénégal vient de se doter, par le décret du 11 juin 2008, d'une structure destinée à appuyer les projets des migrants vers leur pays d'origine et à maximiser l'impact de leurs investissements sur l'économie locale. Le Fond d'appui à l'investissement des Sénégalais de l'extérieur (FAISE) vise ainsi à dynamiser les actions menées pour les traduire notamment en termes de création d'emplois. Matar Dioum, administrateur du FAISE, répond aux questions de Co-Developpement.Org:
 
Qu'est ce qui motive la création du FAISE?
 
L'Etat du Sénégal a décidé de mettre en place ce fond pour accompagner les émigrés dans le cadre de l'investissement dans des secteurs productifs mais également dans la création des emplois dans leurs régions d'origine.
 
Quels sont les secteurs visés?
 
Il y a des secteurs qui sont définis. Le gouvernement oriente les investissements dans les secteurs porteurs qui concernent surtout l'agriculture, l'élevage, la création de petites et moyennes entreprises, le transport, la boulangerie etc. Bref, tous les secteurs qui sont capables de générer des emplois et qui s'inscrivent dans les grandes lignes de convergences et de la "stratégie de croissance accélérée" (SCA).
 
Les émigrés sont donc mis à contribution pour la lutte contre le chômage ?
 
Les premières estimations faites par la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) chiffraient les transferts annuels des émigrés à 400 milliards de francs CFA (près de 610 millions d'euros) et ceci rien que pour les créneaux formels. Si on y associe les créneaux informels, ces transferts s'élèvent à plus de 500 milliards. Nous avons remarqué que la majeure partie de cette somme était destinée à l'entretien des familles restées aux pays ainsi qu'au secteur immobilier. Seulement, ces secteurs n'ayant aucune valeur ajouté l'Etat du Sénégal s'est fixé pour objectif de capter cette importante manne financière et de l'orienter vers des secteurs productifs et créateur d'emplois.
 
Quelles stratégies adoptez-vous en vue d'impliquer les émigrés dans cette politique ?
 
C'est un projet qui vient juste de démarrer. Nous avons crée un comité qui regroupe les représentants de la présidence de la république, de la primature, de l'ensemble des ministères et de la société civile car nous avons pour objectif d'impliquer toutes les couches sociales. Les membres de ce comité nous ont orienté vers une stratégie visant à vulgariser ce fond. Les émigrés veulent investir, mais ils manquent d'informations. Pour combler ce gap, nous allons organiser des tournées dans les pays qui abritent une forte communauté sénégalaise. Nous allons également utiliser les technologies de l'information et de la communication (TIC), la presse, ainsi que nos représentations diplomatiques dans ces pays. C'est un programme assez ambitieux que nous comptons dérouler dans les prochains jours.
 
Avez-vous noué des contacts avec les banques dans le cadre de ce projet ?
 
Ce projet se compose de deux volets financiers, à savoir le fond de financement et le fond de garantie. Le premier consiste à financer directement les projets. Quant au second, compte tenu de nos capacités financières, lorsque le projet est trop ambitieux pour le fond nous le transférons aux banques car elles ont une plus grande autonomie financière. Nous avalisons ces prêts pour que les banques financent à leur tour les projets des émigrés. Par conséquent, elles seront des partenaires incontournables pour la bonne marche de ce programme. Par ailleurs, nous envisageons d'associer ces banques au comité d'orientation en vue de mieux sceller la collaboration.
 
Est-ce que les émigrés y adhèrent?
 
Ce projet résulte du vœu des émigrés. D'ailleurs, c'est lors d'un symposium des Sénégalais de l'extérieur qu'ils ont exprimé le vœu d'être utile en s'investissant davantage dans leur pays. Cela passe donc par l'instauration d'un cadre approprié qui leur permet de réaliser ce vœu. Aujourd'hui, nous n'avons fait que répondre à cette volonté en mettant en place ce fond d'appui. Etant donné que ce sont les émigrés qui sont à l'origine de ce projet, naturellement ils vont y adhérer.
 
Quels rapports entretenez-vous avec les associations d'émigrés sénégalais?
 
Il est clair que nous ne pouvons pas toucher les émigrés individuellement. Nous sommes donc obligés de passer par des relais tels que les fédérations, les associations, les amicales etc. A cet effet, nous comptons solliciter le support de la Fondation des Sénégalais de l'Extérieur (FSE) pour la mise en œuvre de notre stratégie. Je crois d'ailleurs, que ces types d'associations sont les partenaires stratégiques du FAISE.
 
Contact: FAISE, (+221) 338 670 171, Fax: (+221) 338 670 183, dioum.matar@yahoo.fr Liberté VI Extension Dakar (Sénégal)
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