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Institut Panos

Les réseaux postaux, un moyen de maximiser les bénéfices des transferts d'argent vers l'Afrique

La diaspora africaine représente dans le monde plus de 30 millions de personnes, qui envoient chaque année environ 40 milliards de dollars par an au pays, indique un rapport du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), l'agence des Nations-unies dédié aux questions de pauvreté rurale. Le document a été publié à l'occasion du "forum mondial sur les envois de fonds" organisé à Tunis les 22 et 23 octobre 2009 par le FIDA et la Banque africaine de développement (BAD) en collaboration avec le Dialogue interaméricain (IAD). "Alors que les coûts de transfert ont remarquablement diminué en Amérique latine et en Asie, envoyer l'argent en Afrique reste excessivement cher. En effet, les transferts en Afrique peuvent atteindre 25% de la somme envoyée", constate le rapport.
 
Le montant estimé par le FIDA des transferts d'argent des migrants vers l'Afrique correspond aux chiffres avancés par le Centre d'analyse stratégique en mai 2009 à partir des données internationales disponibles, soit 38,6 milliards (5% du PIB de l'Afrique) "dont près de la moitié à destination de l’Afrique du Nord" (Voir Co-Developpement.org du 26/05/09). Reste que, selon le rapport, les flux générés, s'ils permettent d'apporter une aide vitale aux familles restées au pays, "n'atteignent pas leur plein potentiel" en termes de développement économique. A cet égard, le FIDA estime à entre 10% et 20% des transferts globaux le montant épargné ou investi, soit entre 5 et 10 milliards de dollars.
 
Un secteur formel "encore jeune"Un secteur formel "encore jeune"
 
Les transferts d'argent se font principalement par des voies informelles, alors que les diriger vers les circuits financiers reconnus officiellement "permettrait d'augmenter considérablement leur bénéfice", à la fois pour les individus et pour les sociétés des pays bénéficiaires dans leur ensemble. La difficulté pour les pays d'Afrique tient en ce que le secteur formel de gestion des flux financiers privés internationaux est "relativement jeune" et peine à quantifier le volume réel des envois d'argent.
 
La concurrence entre organismes prestataires est limitée et de ce fait, selon le FIDA, les frais de transferts élevés avec peu de possibilités de développer des systèmes innovants à partir des technologies de l'information comme c'est le cas au Kenya et en Afrique du Sud avec la téléphonie mobile (Voir Co-Developpement.org du 02/04/08).
 
Situation hégémonique
 
Le coût élevé des frais appliqués aux transferts d'argent en Afrique est en grande partie dû au fait que Western Union et MoneyGram tiennent majoritairement le marché. Premières entreprises positionnées sur ce créneau, elles ont développé une stratégie commerciale basée sur l'exclusivité des partenariats avec les centres relais de leurs services, en particulier avec les services postaux.
 
Au final, les deux sociétés "contrôlent effectivement 65% du marché" formel des bureaux publics de transfert d'argent, soit 41% des sommes totales. Dans les zones rurales d'Afrique, vers où une grande partie des fonds transite (entre 30% et 40% du total), les bénéficiaires doivent parfois parcourir des distances importantes pour percevoir l'argent envoyé, ces déplacements entraînant des coûts supplémentaires.
 
Développer les services postaux
 
Selon le FIDA, les bureaux postaux en Afrique ne jouent pas encore un rôle suffisant dans les procédures de transfert d'argent. A l'exception de l'Algérie, où le systèmpe postal a contractualisé avec son homologue français, les pays ne proposent pas un service adéquat. Alors que les bureaux de postes assurent une bonne couverture urbaine et rurale, seulement 20% proposent des services de gestion des envois de fonds, 74% d'entre eux étant situés en dehors des capitales.
 
Par ailleurs, le FIDA annonce un partenariat avec l'Union postale universelle "pour assurer des transferts d'argent en milieu rural par le biais des bureaux de poste". Le projet vise à "améliorer l'accès aux services financiers tant pour ceux qui envoient que pour ceux qui reçoivent des fonds, en reliant les transferts d'argent à d'autres services financiers, tels que les comptes bancaires, l'épargne et les prêts".
 
Source: FIDA, rapport "Sending money home to Africa"

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