
Les pays africains appréhendent l'impact de la crise financière actuelle sur leurs économies, et en particulier les conséquences négatives qu'elles entraînent sur les envois d'argent des diasporas. Interrogé par Co-Developpement.org, Soulé Mana Lawani, ministre de l’Economie et des Finances de la république du Bénin, confirme cette tendance. Il était présent au Forum économique international sur l'Afrique, organisé par la Banque africaine de développement (BAD) et le centre de développement de l'OCDE, vendredi 4 juin 2009 au ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi à Paris. La rencontre a réuni près de 1 000 participants venus voir un panel de ministres, ainsi que d'experts de l'OCDE, de la Commission européenne et de la BAD.
La crise financière mondiale se traduit-elle par des répercussions sur l’implication de la diaspora dans le développement économique du Bénin ?
Assurément, répond Soulé Mana Lawani, l’Afrique toute entière et le Bénin en particulier ne sont pas épargnés. D’ores et déjà une baisse sensible des transferts d’argent des migrants se fait sentir. Les estimations pour le Bénin font état d’une baisse de moitié de ces envois de fonds.
Combien représentent ces transferts d’argent et quel est le manque à gagné dû à la crise ?
Le gouvernement béninois s’attend à une réduction d’environ 40 milliards de francs CFA de l’argent envoyé par les migrants, ce chiffre étant largement sous-estimé puisqu’il ne prend en compte que les flux formels qui passent par le système bancaire.
Quelles sont les conséquences ? Cela a-t-il un impact sur les projets de développement ?
Les transferts sont destinés surtout aux dépenses de consommation des familles restées au pays, mais aussi aux projets de construction. Cela signifie donc une réduction des commandes pour les entreprises du secteur de la construction, et par là une baisse de l’activité économique.
Envisagez-vous d’encourager les migrants à orienter leurs transferts vers des secteurs plus productifs pour l’économie ?
Pour Soulé Mana Lawani, un enjeu est de pouvoir utiliser une partie des fonds transférés vers le secteur agricole, en élaborant des projets "à rentabilité longue"