Les Marocains de France assurent 41% des transferts d'argent des migrants vers le Maroc

 

Les Marocains résidant à l'étranger (MRE) sont aujourd'hui 3,2 millions, soit environ 10% de la population nationale et 85% vivent en Europe, indique une étude de la Fondation Hassan II pour les MRE. "Au cours des trente dernières années, l'effectif des Marocains qui y sont installés a plus que doublé". La France reste le premier pays d'accueil avec près de 1 million de ressortissants, "dont une grande partie dispose de la double nationalité". Ce sont eux qui représentent le gros des transferts d'argent de migrants vers le Maroc (41%). Ils travaillent désormais majoritairement dans le secteur tertiaire, alors qu'ils occupaient surtout des postes dans l'industrie ou le secteur agricole dans les années 70. L'intégration des Marocains résidant à l'étranger apparaît très variable selon les pays d'accueil, le Canada étant celui où leurs conditions de vie sont les meilleures.
 
Après la France, l'Espagne est le pays qui comprend le plus de Marocains, au nombre de 540 000. Le rapport souligne que "plusieurs milliers de ces Marocains, originaires du nord du royaume, sont arrivés clandestinement en Espagne avant d'être régularisés dans les années 90. Cela explique que les femmes constituent seulement 35% de la communauté marocaine installée en Espagne." La communauté marocaine d'Italie, au nombre de 380 000 ressortissants, connaît le même phénomène. Des différences d'intégration sont notables entre pays, sur un même continent. Ainsi, 17% des actifs marocains établis aux Pays-Bas sont au chômage, 10% des jeunes immigrés en Belgique obtiennent un diplôme, et "60% d'entre eux sont en retard scolaire dès l'enseignement secondaire".
 
Des situations très inégales selon les pays
 
La situation des 280 000 Marocains habitant les pays arabes n'est guère enviable, souligne la fondation Hassan II: "en Libye par exemple, qui accueille 120 000 Marocains, les conditions de vie et de travail sont loin d’être faciles. Plus de 60 professions sont interdites aux étrangers et les permis de séjour doivent être renouvelés tous les deux ans dans les meilleurs des cas. Et seulement 10% des Marocains disposent d’un contrat de travail qui leur permet d’effectuer des transferts d’argent dans leur pays d'origine." Aux Emirats arabes unis, environ 70% des quelque 13 000 migrants marocains sont des femmes, "dont la moitié font partie de réseaux de prostitution".
 
Les Marocains du Canada semblent les mieux intégrés et avoir accès aux meilleurs conditions d'évolution sociale. Sur 60 000 ressortissants, plus de 30% "ont 15 ans de scolarité et 44% sont de formation universitaire". Ils ont également pu bénéficier du regroupement familial. Le modèle canadien fait donc preuve de "succès" pour les candidats à l'immigration acceptés sur le territoire, puisque "70% ont travaillé dans les 6 mois suivant leur arrivée, même si beaucoup sont confrontés au problème de la déqualification ou de la surqualification par rapport à leurs précédents emplois".
 
Certes minoritaires, les migrations marocaines en Afrique subsaharienne montrent une bonne intégration dans les deux principaux pays de destination: la Côte d'Ivoire (avec 1971 ressortissants recensés) et le Sénégal (1900 ressortissants). Selon le rapport, "leurs activités commerciales sont généralement de taille moyenne, et tournent autour de la vente de produits d’artisanat marocain, de prêt-à-porter ou d'électroménager. Les mariages mixtes sont monnaie courante, en particulier au Sénégal."
 
Source: Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’étranger, www.alwatan.ma