
La Banque Européenne d'Investissement (BEI) vient de passer un marché de services pour une assistance technique à l'Union Tunisienne de banques (UTB) afin d'encourager les Tunisiens résidant en Europe à s'engager dans des projets de développement dans leur pays d'origine. Le marché s'inscrit dans un programme de "Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat" (FEMIP) et fait suite à une étude initiée en 2006 par la BEI sur les transferts des migrants méditerranéens en Europe en vue de "maximiser l'impact de ces transferts sur le développement économique des pays partenaires de la Méditerranée".
L'opération conduite par la BEI porte sur un budget maximal de 500 000 euros. Ce financement doit permettre à l'UTB d' "intensifier ses efforts pour rehausser la contribution des tunisiens résidant en Europe en général et en France en particulier, à la concrétisation des objectifs de développement de la Tunisie". Il s'agit de "mobiliser l'épargne des Tunisiens résidant en France et en Europe, de faciliter leurs transferts et de canaliser ces transferts vers des projets de développement et également de favoriser les opérations d'échange et de partenariat entre la Tunisie et les pays européens".
De son côté, la Tunisie a lancé un plan quinquennal pour la période 2007-2011 pour stimuler le développement économique et social du pays, qui s'appuie en particulier sur des actions menées en direction des Tunisiens résidant à l'étranger. L'objectif affiché est notamment d'intensifier les flux de capitaux vers la Tunisie pour "multiplier les projets d'investissement productifs" et "consolider les échanges avec l'extérieur".
Les transferts d'argent des migrants Tunisiens vers leur pays d'origine ont pratiquement doublé sur 10 ans, pour passer de 612 millions d'euros en 1996 à 1,15 milliard en 2006 et 1,4 milliard en 2007. La BEI souligne également que ces migrants ont mis en place en 2006 près de 480 projets, représentant près de 14 millions d'euros. Plus de 7 milliards deuros sont transférés chaque année via des canaux officiels par les migrants depuis l'Europe vers les huit pays méditerranéens, de 12 à 14 milliards d'euros en tenant compte des transferts dits "informels".
Par ailleurs, le dispositif français de "compte épargne codéveloppement" (
Voir Co-Developpement.org), destiné à inciter les migrants à investir dans un projet économique dans leur pays d'origine, "va être effectivement distribué en France d'ici la fin du mois de janvier par l'Union tunisienne de banques". L'annonce a été faite le 13 janvier 2009 par Brice Hortefeux, alors ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, lors de la présentation de son bilan et au moment de son remplacement à ce poste par Eric Besson.
Le Groupe Caisse d'épargne est la seule banque à ce jour à avoir contracté avec l'Etat français pour la mise en place du "compte épargne codéveloppement", un dispositif complexe qui ne rencontre toujours pas une véritable adhésion des migrants.
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