La stratégie d'action de la Fondation des émigrés sénégalais, par sa présidente Khady Sakhoniang
Dakar, correspondance
La Fondation des émigrés sénégalais (FES) vient de tenir son assemblée générale inaugurale fin mai à Dakar (Co-Developpement.Org du 04/06/08). Cette nouvelle structure de représentation des migrants entend mobiliser la diaspora répartie à travers le monde pour des actions de co-développement vers le Sénégal. Khady Sakhoniang, présidente de la FES, répond aux questions de Co-Developpement.Org:
Qui est à l'origine de cette Fondation ?
La fondation est née de l'affectation volontaire de ressources à une mission d'utilité publique. L'idée première vient d'un groupe de Sénégalais basé à Barcelone et du groupe "Gère Africa" qui ont eu l'idée de mobiliser des ressources en vue de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des émigrés sénégalais et de leurs familles. De rencontre en rencontre, cette initiative s'est élargie pour répondre aux attentes des Sénégalais installés un peu partout dans le monde.
Quels sont les avantages liés à cette Fondation ?
Il y en a plusieurs. D'abord la prise en charge des grandes problématiques de l'immigration et de l'émigration telles que, l'identification des problèmes concrets vécus par les émigrés sénégalais, le codeveloppement, la protection juridique et sociale des émigrés. Ensuite, la recherche d'informations stratégiques sur les flux migratoires, la promotion d'accords transparents et appropriés entre le pays de départ et les pays d'accueil. Enfin, l'information et surtout l'orientation des candidats à l'émigration pour ne citer que ceux-là.
Quels sont les premiers dispositifs concrets prévus et quand se feront les premières actions ?
La fondation est crée mais la mise en place est différée. Nous prévoyons une rencontre dans 6 mois environ à Barcelone avec "Gère Africa" qui a été la pierre angulaire de l'élaboration et de la conception de la fondation. En attendant, nous avons d'autres partenaires tels que l'Association pour le Codeveloppement au Sénégal, la Mutuelle des sénégalais de France et la Mutuelle des Sénégalais de l'extérieur qui pourront continuer à servir de relais pour la sensibilisation, la mobilisation et l'appel. Ce qui nous intéresse c'est que les Sénégalais entendent l'appel lancé pour rejoindre la fondation. Pour le moment, le projet le plus immédiat est la mise en place du centre d'orientation qui a déjà son financement bien avant même l'assemblée générale. Nous sommes en train de décliner les contours et les conditions de faisabilité de ce projet. Des organisations impliquées pourront nous livrer dans très peu de temps les résultats des études.
Quels sont les partenaires de cette fondation ?
Les premiers partenaires sont les ONG et les associations qui ont été présentes à l'assemblée générale. Il y a également des associations comme "Gère Africa" qui exerce dans le domaine de la recherche, ou encore le GRET, cabinet de consultants et de juristes qui peuvent apporter leurs expériences dans le montage des projets et dans l'élaboration de nos textes juridiques. Nous avons d'autres associations de la diaspora comme Ressources "Sunu Net" qui travaillent à la mise en place des projets et l'association ENDA.
L'initiative rencontre-t-elle l'adhésion des émigrés vivant dans les pays où les Sénégalais sont nombreux, notamment la France, l'Italie ou l'Espagne ?
Il y a eu beaucoup d'adhésions. Des Sénégalais sont d'ailleurs venus de France pour assister à l'assemblée générale les 30 et 31 mai dernier. Maintenant que la fondation est née, nous allons nous lancer dans le travail de communication et d'appel à l'adhésion par les médias des Sénégalais de la diaspora. Des partenariats sont en cours avec des télévisions en ligne, notamment Diaspora Online avec qui nous souhaitons vulgariser un appel à l'éveil de conscience des Sénégalais du monde. Nous prévoyons des tournées dans les villes et régions d'Afrique, d'Europe, d'Asie, des Etats-Unis et du Maghreb pour sensibiliser nos compatriotes vivant dans ces lieux à rejoindre la fondation, à être des membres cotisant ou fondateurs, ou des membres cooptés pour leur expérience et leur expertise et qui peuvent beaucoup apporter.
Qu'en est-il des migrants sénégalais résidant dans d'autres pays d'Afrique ?
On ne peut pas se rendre dans un pays où il y a 4 ou 5 sénégalais. Un déplacement nécessite une mobilisation de ressources financières et humaines. Nous comptons envoyer 2 ou 3 personnes en tournée dans les pays limitrophes du Sénégal pour entrer en contact avec les organisations structurées et les consulats qui y sont en place et qui peuvent nous permettre de nous adresser à nos compatriotes.
La Fondation repose surtout sur l'apport des émigrés sénégalais. Or, au Sénégal, quand on parle de rapatriement de fonds, on ne pense pas généralement aux femmes émigrées...
Pendant longtemps, en France, les femmes rejoignaient leurs époux et elles n'étaient pas des émigrés au sens propre. On assiste de plus en plus à une migration volontaire des femmes, analphabètes ou intellectuelles. Nous essayons d'inclure dans notre fondation les problèmes liés à cette migration féminine, avec aussi les réseaux d'exploitation sexuelle dans lesquels les émigrées peuvent tomber, ou également l'exploitation des mineures. Ce sont là des points sur lesquels la fondation veut apporter une résolution particulière. Notre cible sera essentiellement les candidates à l'émigration, les émigrées ayant des problèmes d'installation, de retour ou de réinsertion au bercail, les femmes d'émigrés vivants au Sénégal et contraintes au célibat pendant de longues années.
Quels sont les critères nécessaires pour adhérer à la Fondation ?
Pour adhérer à la Fondation il suffit d'être une personne physique ou morale, publique ou privée, de nationalité sénégalaise ou étrangère et de verser sa part de dotation après s'être solennellement engagé à poursuivre les objectifs de la fondation dans le respect des principes d'éthique et de moralité. Par ailleurs, la démarche partenariale initiée par le Comité de pilotage internationale de la fondation devrait susciter l'appui et le soutien de personnes-ressources et d'institutions nationales ainsi qu'internationales soucieuses de la réussite des objectifs de cette Fondation. La dotation initiale de la fondation est fixée à 100.000 Cfa (150 euros) par fondateur.
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